Archive for mai, 2009

La canne à sucre

lundi, mai 25th, 2009

La production et la transformation intégrale de la canne à sucre

Sans instruments aratoires, sur des terrains souvent en friches ou  très escarpés, les colons reconvertirent malgré tout ces terres en cultivant de la canne à sucre en basse altitude et du géranium sur les hauteurs. La campagne sucrière débutait vers le  mois de  juin pour se terminer au début  décembre. Les cannes étaient coupées et transportées par charrettes à bœufs, par petits camions ou par tracteurs à l’usine sucrière des Casernes de Saint-Pierre où elles étaient pesées puis distillées. Cet établissement, l’Industrielle Sucrière de Bourbon (ISB), transformait la canne, pour en extraire le sucre, le rhum charrette à partir de la mélasse fermentée et les autres résidus, telles que les écumes sont toujours utilisés par les planteurs comme engrais. On emploie aussi les fibres de la  bagasse pour la production d’énergie mais elles sont aussi utilisées pour la fabrication de panneaux d’agglomérés destinés aux meubles courants.

Les moyennes propriétés 

Ayant peu de ressources, les agriculteurs de moyennes exploitations cultivèrent eux aussi la canne à sucre pour obtenir des revenus supplémentaires. Toutefois au-delà des campagnes sucrières entre décembre et mars, ils  plantaient entre les  rangs des jeunes pousses de  cannes : du maïs des haricots, pistaches et d’autres plantes vivrières. Par ailleurs pour ne perdre aucun espace de terrain,  aux  abords de leurs champs ils plantaient,  des bananes,  du manioc, des pieds de  chouchou, de  citrouilles, et bien d’autres légumes, que les ménagères cuisinaient quotidiennement pour leurs familles. Ces courageux agriculteurs élevaient aussi des animaux autour de leurs habitations, volailles, lapins, porcins,  caprins,   bovins  pour leur propre consommation. Par ailleurs étant  éloignés  de la ville,  très  souvent, il leur  arrivait  de   vendre  leurs productions  aux maquignons de passage. 

Les petites propriétés

Souvent, les petits propriétaires héritèrent de parcelles issues de partages successoraux, établis par actes trentenaires. Sur ces lopins de terre,  ils bâtissaient leur maison, une cuisine (au feu de bois) séparée du logis. Dans leur arrière-cour, ils entretenaient un jardin et tous élevaient quelques animaux de basse-cour, poulets, lapins,  cochons… Au gré de balades, on croise souvent des gens apparentées et qui ont de très bonnes relations entre elles. Ainsi au fil des années  s’est constitué le quartier de la Pointe. N’ayant plus de terres suffisantes à cultiver, beaucoup de ces habitants furent obligées d’aller chercher du travail ailleurs, comme ouvriers, agricoles, de chantiers, artisans et les plus jeunes, s’orientèrent vers des activités urbaines et administratives.

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Montage Anne-Monique B.

Anne-Monique B.

Les deux Grandes Guerres 14-18 et 39-45

lundi, mai 25th, 2009

Deux guerres mondiales marquent cette période :

  • la première fera couler beaucoup de sang réunionnais mais améliorera les ressources du fait de la hausse du prix du sucre,
  • la seconde amènera un blocus qui en deux années réduira l’île à la misère et à la famine.

Entre les deux guerres la situation économique change et l’automobile fait son apparition. »

Gabriel GERARD (Histoire résumée de la Réunion)

« Lors de la Première Guerre mondiale (1914-1918), malgré les difficultés de recrutement sur La Réunion, 14 355 soldats réunionnais ont contribué à la défense de la France, soit à Madagascar, soit sur les fronts français et orientaux. 1693 d’entre eux sont morts pour défendre leur Mère Patrie. »

Rachel MNÉMOSYNE (Docteure en histoire militaire contemporaine)

 

Vingt et un ans plus tard, la Seconde Guerre Mondiale éclate. La Réunion va souffrir du blocus et vivra en autarcie. Elle échappera à la famine en 1943, grâce au Gouverneur André Capagorry (1894-1981) qui commandera du riz et diverses denrées, en urgence.

En corrélation, avec cette pénurie, une partie des cultures vivrières seront réquisitionnées chez les particuliers pour être distribuées aux personnes démunies. Des tickets de rationnement pour l’alimentation, tissu, savon, etc. seront aussi délivrés par la commune.

 

Compagnie d’Infanterie Coloniale de la Première Guerre Mondiale 1914-1918.

Mobilisation des militaires à la caserne de Saint-Denis de la Réunion,

plus tard la future Caserne Lambert

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Sur cette colonne figure, Pierre Justin Frédéric Barrabé  (1887-1939)

 

Anne-Monique B.

La culture du géranium

lundi, mai 25th, 2009

 

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AlambicPhoto Christine 

La culture du géranium rosat, prit son essor sur les hauteurs du Tampon vers les années 1920 et connue son âge d’or en 1925. Cette essence était vendue dans le monde entier et servait à fixer les parfums.

Le procédé de distillation  fut découvert par Henri Laurent Potier dit Bois Joly Potier (1827-1889). Elle apporta aux réunionnais des ressources importantes car le litre était cédé au prix fort. La coupe du géranium se faisait  de décembre à février et la distillation s’effectuait sur place aux endroits autrefois couverts de forêts.

Ce substrat de faible volume récupéré dans des litres ne posait aucun problème de transport aux planteurs car ils emportaient chez eux leurs précieuses bouteilles dans  leur « bertel» : un sac à dos en vacoa. Ce fut la belle époque pour cette production qui  fut malheureusement concurrencée par des pays africains et dès lors sa mévente découragea les planteurs.

Depuis 1965 une coopérative, la C.A.H.E.B. (Coopérative Agricole  des Huiles Essentielles de Bourbon) centralise et commercialise la quasi-totalité de la  production avec garantie de prix corrects, suite à des accords internationaux. Cependant beaucoup ont abandonné cette culture à cause des diverses difficultés rencontrées et ils ne veulent plus la reprendre.

Anne-monique B.

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Coupure du  J.I.R le 18 avril 2004

Le colonat partiaire

lundi, mai 25th, 2009

A l’instar des anciens propriétaires, la plupart des nouveaux possédants, en bons régisseurs de leurs biens, firent appel à de la main-d’œuvre, embauchée, sous le statut du colonat partiaire. Considérés comme des petits propriétaires, ces défricheurs avaient le privilège de vivre sur ces terres en familles et de bénéficier d’une partie des produits de leur exploitation.

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Buste du Père ROGNARD – Photo Anne-Monique B.

Vers 1965, la SAFER (Société d’Aménagement Foncier et Rural) permettra aux meilleurs colons d’accéder à la propriété et le Crédit Agricole, fondé à la Réunion en 1930 par le père Rognard (1878-1945), les aidera à se loger décemment grâce au développement de l’habitat rural.

Anne–Monique B.

Pour en savoir plus sur le père ROGNARD :

http://www.clicanoo.com/index.php?id_article=115912&page=article

Pour en savoir plus sur le Crédit Agricole, à lire :

Jean de CAMBIAIRE  : La certitude du développement – Une référence mutualiste à la Réunion – ATYA Editions 1983

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La vie religieuse à La Pointe

lundi, mai 25th, 2009

En 1837, Gabriel Le Coat de K/Véguen, fait construire sur son terrain une chapelle qui sera dédiée à Saint-Gabriel et puis sur la partie attenante, notre  premier et actuel cimetière à  Terrain-Fleury.

 

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Cette chapelle construite sur ce site a jadis été photographiée par Jules Herman et de nos jours elle a complètement disparu. Aucune pierre ne subsiste  de son  autel qui se dressait dans les années 1950 aux abords du champ de cannes toujours existant et mitoyen au bureau communal.  C’est bien regrettable  qu’on n’ait pas eu la pensée d’élever à cet endroit, une stèle en souvenir des cérémonies religieuses qui ont uni dans l’eucharistie nos fidèles et pieux ancêtres, qu’ils soient riches ou pauvres.

 

Sur le chemin du reposoir

 

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 (Collection privée – Inard)

La religion catholique était omniprésente dans la vie de nos précédentes générations.

Cette photo a été prise en 1954 à la Pointe. On y voit des familles de ce quartier regroupées en une procession consacrée au culte de la Vierge Marie. Ces personnes ont eu à tour de rôle l’insigne honneur de recevoir chez elle toute une journée et une nuit ce reposoir qui drainait beaucoup de croyants. Une grande effervescence régnait dans le quartier et chaque hôtesse prenait à cœur d’embellir sa demeure, afin d’accueillir dignement ses proches, amis, fidèles, dans un rassemblement de prières, de joie et de chants.

Anne-Monique B.

Mémoire de Quartier : La Pointe au Tampon

samedi, mai 23rd, 2009

Situation géographique

La localité de la Pointe fait partie de la Commune du Tampon.

Elle est située à l’est vers Bérive…

– Nord, ligne des 600lpt-1.jpg

– Sud, ligne des 400

– Est, le Bras Jean Payet

– Ouest, la Rivière d’Abord

Superficie : 1,4 km²

Recensement de 1999 : 3 453 habitants

Histoire

Le nom de ce site « Pointe » est né de la configuration des deux ravines qui l’encadrent : le Bras de Jean Payet et la Rivière d’Abord qui trouvent leur point de jonction, en amont du Bassin Martin et du Bassin Plat. Pendant les fortes pluies cycloniques, la Rivière d’Abord se transforme en un torrent impétueux, charriant, terres, arbres, avant de se jeter en mer. Cette enclave du Tampon marque la partie basse de la commune et sa limite avec Saint-Pierre. La partie la plus haute de cette agglomération est située au niveau de la Croisée des 600, sur la route Hubert Delisle en direction de Bérive, Petit-Ile, Saint-Joseph… Sa base qui passe par la rue du Paille en Queue, constitue sa limite avec le village du Petit-Tampon. De part et d’autre de cette route, débouchent le chemin Auguste de Villèle et le Chemin de la Pointe, qui sont ses deux principales voies d’accès vers le centre ville. De ces lieux, à perte de vue, le regard plonge sur ses pentes verdoyantes, et sur le bleu infini de l’océan…

Plan de la Pointe et index des rues

Le quartier de la Pointe comprend au moins vingt-cinq venelles qui desservent cette section de la commune dont les noms suivent :

  • Rue des Abeilles,lapt2.jpg
  • Impasse des Alouettes,
  • Chemin des Bengalis,
  • Rue Léon Blum,
  • Chemin Cascade Pigeon,
  • Allée des Champacs,
  • Chemin de la Citerne,
  • Impasse du clos des Palombes,
  • Chemin Etablissement,
  • Impasse Loulou Fontaine,
  • Chemin Auguste de Villèle,
  • Chemin de la Pointe,
  • Impasse Merle,
  • Chemin Papangue,
  • Chemin Lucet Fontaine,
  • Rue Kervéguen,
  • Rue René Coty,
  • Rue du Château,
  • Rue Georges Avril,
  • Rue des Manguiers,
  • Impasse des Cailles,
  • Impasse des oiseaux Verts,
  • Impasse des Merles Blancs,
  • Impasse des Toulites,
  • Rue des Mainates…

De nos jours, ce quartier est fort apprécié pour son climat et de nombreuses résidences apparaissent de plus en plus, au fil des années.

Le site agreste des Le Coat de K/Veguen

Denis Marie Fidèle LE COAT DE KERVEGUEN, né le 23.7.1776 à Landerneàu (Finistère) décède le 14.1.1827 à St-Pierre. Il est le premier arrivant de ce patronyme à la Réunion, pendant la révolution vers 1797 :

  • aspirant de Marine (1799),
  • marchand (1802),
  • entrepreneur de boulangerie, (rct 1811)

Source : L.J Camille RICQUEBOURG

Son fils aîné le Comte Gabriel de Kervéguen né à Saint-Pierre le 10.3.1800 acheta dans les années 1830,  presque toutes les terres du Sud allant :

« Du battant des lames au sommet des montagnes »

Ses industries se situaient à la hauteur de la ligne des 400 à l’entrée sud-est de la ville du Tampon et s’étendaient de la rue Kervéguen jusqu’à celles des rues de l’Etablissement et du Château. Aux alentours de ce site de la Pointe (dit Terrain-Fleury), de vieux murs en ruines évoquent des activités ouvrières diverses et intenses.

Bâtiments, escaliers, et autres ouvrages sont les dernières traces de la fin d’une époque, celle du café de Moka. De nos jours, ces pans de murs en pierres de taille, rappellent aux promeneurs que si la marque du temps est omniprésente elle n’en demeure pas moins fragile.

A l’entrée du parcours de Santé au Bel Air, Terrain Fleury, les services communaux du Tampon ont mis en valeur lors des travaux de terrassement, cette muraille jadis enfouie sous une épaisse végétation.

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Bonne initiative aux archéologues qui ont sauvegardé ce site historique des Kervéguen.

Démantellement du domaine K/Véguen

pt52.pngAutrefois l’agglomération de la Pointe faisait partie de l’ensemble des terres allant de Bérive vers le Grand-Tampon, le Petit-Tampon, Terrain Fleury, la Plaine des Cafres…

Entre 1919-1924 ces grands domaines appartenant à la dynastie des K/Véguen furent démantelés et mis en vente.

Nombreuses furent les familles qui acquirent des lots plus ou moins importants dans ces différentes structures agraires, parfois très pentues et difficiles d’accès. Selon leurs moyens, ils achetèrent ces terres agricoles dont les surfaces se mesuraient en hectares allant de petites, moyennes et grandes exploitations. Etagées entre 400 mètres et 2.000 mètres d’altitude, ces pentes à demi couvertes de forêts : tamarins, palmistes, tan rouge, fougères arborescentes, grimpaient jusqu’au sommet le plus élevé de la Plaines des Cafres au Piton de la Grande-Montée, proche des sources découvertes par Paul Reilhac en 1836.

Depuis toujours, cette région fut appelée Tampon. L’origine la plus plausible de ce nom vient du mot malgache, Tampona : d’où l’on voit de loin. A cette époque ces hauts plateaux faisaient partie de la commune de Saint-Pierre.

Le dimanche le 17 mai 1925, le Tampon, fut érigé en commune.

Plusieurs familles de notables à La Pointe ont marqué leur passage dans diverses activités rurales et urbaines :

  • Avril,
  • Badré,
  • Baillif,
  • Barrabé,
  • Bénard,
  • Blard,
  • Dumesgnil,
  • Fontaine,
  • Fleury,
  • Hoarau,
  • Inard,
  • Lauret,
  • Lebon,
  • Mussard,
  • Ognard,
  • Paulin,
  • Payet,
  • Robert,
  • Roussel,
  • Técher,
  • Vallon-Hoarau,
  • Vitry…

Anne-Monique B.

Maison traditionnelle créole (Tampon)

jeudi, mai 21st, 2009

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’accueillir Anne-Monique BARRABE parmi les contributeurs qui enrichissent ce blog pour le plaisir de tous.

 

 Traditionnelle Maison Créole

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Maison familiale des Barrabé  1933-1960   « Mytises »

Regardez cette maison de style colonial qui est toujours présente sur la partie haute du quartier de la Pointe. Bâtie en totalité de bois et bardeaux elle fut édifiée sûrement au XIXe siècle (vers 1850) par des maîtres d’œuvre, dignes descendants de charpentiers de marine. On la baptisa du nom de  Mytises, « Ne m’oubliez pas ».

 

Sur cette photo, les vitrages de sa véranda ont été volontairement  barricadés (signe de cyclone). Encadrée de deux tourelles, cette demeure ne suscite-t-elle pas la nostalgie des châteaux ?

 

Située sur une petite éminence au sommet de la colline de la Pointe, à 600 mètres d’altitude, la vue embrassait les plantations et  sous le ciel azuré le regard  suivait le vol majestueux des  pailles en queue partant vers l’océan. Cette maison, a traversé stoïquement plus d’un siècle et demi de cyclones et de pluie.

 

A présent elle évoque à ses proches, des souvenirs ineffables qui leur rappellent qu’avec elle, ils ont vu le soleil se lever,  entendu jouer et courir des enfants,  reconnu le pas des chevaux sur la route Hubert Delisle,  perçu le grincement des charrettes, écouté le son de l’angélus du soir, contemplé de magnifiques couchers de soleil puis vu s’en aller petit à petit ses générations,  pour d’autres cieux

 

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La maison aujourd’hui

En témoignage de leur joie de vivre, avec affection chacune  d’entre elles l’a soigneusement entretenue pour sauvegarder sa bonne étoile  des ravages du temps. De nos jours ainsi qu’un vivant joyau, elle repose en toute quiétude au milieu de son  écrin de verdure. A présent, elle nous invite à interroger notre passé afin de protéger ce qui nous reste de notre patrimoine que nous regardons sans le voir et qui est condamné à l’avide progrès qui n’a cesse de l’appauvrir.

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Cet escalier, sauvé de la destruction, sert de décor à la maison

Anne-Monique B.

Le jardin créole

vendredi, mai 15th, 2009

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Il faut le reconnaître que les créoles réunionnais ont l’amour des fleurs. Le même amour à ce stade n’existe pas à la Martinique par exemple, pourtant créole aussi, mais le réunionnais a la main verte et cet amour de planter, entretenir. reste de générations en générations.

En un siècle d’histoire à peine les réunionnais ont surtout chercher à adapter leurs jardins aux violences de la nature : pluies tropicales, cyclones, vent.

En revanche il y a des modes influencées principalement par la Métropole. On trouve aussi des influences anglaises, comme les parterres bordés de petits galets ronds autour de la case. Il est vrai que Bourbon a été à une époque sous la domination anglaise. Mais il y a aussi une explication, tout simplement parce qu’il pleut beaucoup à la Réunion comme en Angleterre. Les parterres évitent de se salir les pieds avant d’entrer dans la maison. On sait bien que les parquets des demeures créoles sont encaustiqués, lustrés, au point de se voir dedans.

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Le jardin situé devant la maison diffère de celui qui est à l’arrière. Devant c’est la plupart du temps un fouillis végétal, mais très organisé. Ce fouillis est maîtrisé par une symétrie tracée de part et d’autre d’une allée centrale. Les plates bandes y sont bornées de tuiles quelquefois, qui avaient servi autrefois de lest pour les bateaux. Dans cet espace réduit, le réunionnais harmonisera telle plante, telle fleur, tel coloris avec pour l’ornement. Dans certains endroits il y mettra un ou deux cactus. Sont accrochées au mur qui donne sur la rue, des plaques de fanjans sur lesquelles poussent des orchidées rares. Au portail sera planté le songe des Caraïbes parce que la superstition veut qu’il est sensé repousser les mauvais sorts.

Le jardin arrière est surtout planté d’arbres fruitiers, des plantes potagères et des plantes médicinales.L’ayapana, la marjolaine, le romarin, la citronnelle, le combava, la verveine, la menthe et autres sont plantés à l’arrière. Toujours une superstition, le bois puant (ou bois pion) est considéré comme une plante bénéfique nous dit le botaniste Karl Télégone.

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Romarin

Malheureusement, de plus en plus, le jardin créole se rapproche de son homologue métropolitain. Les plantations sont pêle-mêle et se réduisent au profit de pelouses de crotons, de rosiers et ceux-ci se multiplient en boutures. Le réunionnais fera sans cesse des boutures de ses fleurs, et en échangera contre d’autres qu’ils n’ont pas. De nos jours, certains jardins prennent un autre aspect en plantant dans des pneus, une plante tel sagou, fougère ou autres.

Le jardin réunionnais, dit-on, est le reflet de la personnalité du propriétaire, mais aussi des modes de vie dominants.

De nos jours, la Réunion a tendance à acheter les herbes médicinales en pharmacie, et les fruits au supermarché, ainsi moins d’espace planté.

Prenons le temps de cultiver notre jardin tropical !!

Chantal

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Fruits du jardin

 

Au bon vieux temps des varangues

vendredi, mai 15th, 2009

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Quand on parle de varangue, on évoque la sieste, les causeries, entre gens du même monde…dans les colonies. C’est quelque chose de spécifique à l’habitat créole.

La varangue est issu du mot véranda (ou vérandah). Le mot vérandah apparaît en France, grâce à la traduction d’un compte rendu de voyage aux Indes (bien sûr) mais elle ne se répand vraiment qu’au 19 ème siècle pour désigner une galerie légère, en bois, parfois vitrée, adossée à une maison.

Quant au mot varangue il a, à peu près la même signification, mais le sens s’est spécialisé dans la vie coloniale. C’est un mot marin d’origine scandinave, synonyme de vérandah. On dit aussi que c’est sans doute une déformation phonétique qui a valu au changement du mot véranda (d’origine indo portugaise) en « varangue » qui désigne une partie de la maison non fermée ; A noter qu’en tamoul « taj vâram » désigne un couloir recouvert d’un toit.

En Métropole on n’entendra pas beaucoup, parler de varangue, mais de vérandah. La varangue est surtout propre aux belles maisons créoles, aux belles demeures !!!

Les maisons créoles, en ce temps-là, étaient en bois et parfois pleines de bestioles…vu l’ancienneté. La varangue est largement ouverte sur le jardin, généralement encadré de deux pignons précédant le corps de la villa et se situant à quelques marches au niveau de la cour, afin d’éviter l’humidité. Elle permettait l’accès à la pièce principale, c’est-à-dire le salon. Elle assurait en quelque sorte un rôle de boudoir, de bavardoir, de fumoir, disait Marius et Ary Leblond, des poètes réunionnais. Cette pièce permettait aussi d’avoir de la fraîcheur au salon. A une époque même, elle était réservée pour recevoir la famille, les amis, les proches et le salon  pour d’autres gens.

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On s’y asseyait bien souvent dans des fauteuils créoles, autour d’une tasse de café, de thé selon l’heure. Il faut le reconnaître, la Réunion n’a jamais été trop grand consommateur de thé. La varangue est l’insigne révélateur d’une manière de vivre et d’être. Elle présente l’extrême mérite d’amener le réunionnais à interroger son passé, à réfléchir sur des travaux récents durant les longues soirées. Parfois, les bonnes gens, pendant les soirs chauds, s’installaient sous la varangue décorée de lambrequins, et regardaient la nuit. Il faut savoir qu’on n’avait pas encore l’électricité, donc pas de télévision.Quoi faire d’autre que de la causette, tous assis confortablement dans un fauteuil créole ? Les hommes discutaient politique, les femmes de leurs enfants, quant aux enfants, ils jouaient à se faire peur dans le noir. Quelle belle époque où tout était si simple et l’on prenait le temps de vivre !! C’était le bon vieux temps…

Dans cette pièce, par beau temps ou par pluie, avaient lieu des tractations, des discussions relatives à des mariages ou fiançailles futures, de condoléances politiques et autres… L’après-midi, au moment de la sieste, les vieux créoles s’installaient sous la varangue et discutaient tout en buvant le café à cette heure-ci.Les vieilles demoiselles, dans ces demeures, avaient adopté cette varangue comme lieu de leurs collections d’orchidées, de songes tels caladium, et de capillaires. Ainsi, la maîtresse de maison avait l’avantage de recevoir ses invités en contact direct avec le jardin tout en restant à l’abri de la pluie ou du soleil, et en plus dans un écrin de verdure que procuraient capillaires, songes, fougères…Quatre fauteuils créoles étaient disposés en rond. C’étaient des fauteuils de varangue comme on peut l’imaginer. Ces meubles comptent parmi les plus importantes créations de la première moitié du 19 ème siècle. Au milieu trônait un guéridon de bon bois pays. En général il était à quatre pieds, le modèle viendrait de la Compagnie des Indes.Sur un côté de cette varangue, et à l’intérieur, était placé une sorte d’escalier en bon bois du pays, à 3 ou 4 marches, en forme de quart de cercle, sur celles-ci étaient disposées avec goût, des fanjans de capillaires, de songes, de fougères de toutes sortes, méticuleusement arrosés et entretenus. La réception des invités, c’est-à-dire des proches, se faisait donc à cet endroit dans cet écrin de verdure et de fraîcheur.

Un napperon brodé de dentelles ou crocheté par des mains expertes, recouvrait partiellement le guéridon, et dessus encore trônait le fanjan le plus fourni, le plus étoffé, bien souvent le capillaire.

Depuis les années 1970, parait-il, les guéridons servent plus souvent de meubles d’intérieur, car les grandes vérandas ou varangues se raréfient.

Encore une fois, c’était le bon vieux temps !!!

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Chantal 

Sources :

A la découverte de la Réunion

Agenda de la Réunion

Le piment des mots créoles

Patrimoine               

Journée commémorative de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions

dimanche, mai 10th, 2009

Le 10 mai est depuis 2005 la Journée commémorative de la traite négrière, de
l’esclavage et de leurs abolitions.

Loi n°2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de
l’esclavage en tant que crime contre l’humanité

Article 1

La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique
ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre
part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans
l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines,
amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre
l’humanité.

http://www.comite-memoire-esclavage.fr/

A la Réunion, l’abolition de l’esclavage est célébré le 20 décembre.

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Monument commémoratif à St Paul (photo 2004)

http://balades.travelblog.fr/r3567/SAINT-PAUL/17/