Archive for juin 13th, 2009

Sur un air d’accordéon…

samedi, juin 13th, 2009

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Autrefois, les gens allaient au bal pour s’amuser. C’était l’occasion de danser, entre parents, grands-parents, et enfants. Pour certains, l’occasion de lier connaissance avec des gens avec qui on découvrirait des affinités après la danse. Célibataires, hommes et femmes mariés dansaient, riaient et, entre nous soit dit, savaient s’amuser. Valse, java, tango, slow et autres faisaient partie des danses de l’époque. Ici, dans l’île, le séga alimentait le panel de chants tels :

 

 « Viens danser l’séga
Avec nous mon p’tit femme zoreil
Viens na montre à ou
Séga lé kalou… » 

Les gens vivaient pleinement ce moment, car les distractions n’existaient pas en nombre et la consommation de quelques petits verres aidait à mettre l’ambiance pour la soirée. 

Un air joué à l’accordéon nous transportait et on appréciait le morceau, car il nous faisait vivre jusque dans l’âme disaient certains. Revenir dans le passé à l’aide de morceaux connus qui ont bercé votre jeunesse, quelle joie !! On se surprenait à fredonner, rien que pour le plaisir de savourer cet instant présent qui, pour nous est un magnifique printemps !  A notre époque, les gens qui organisent des réceptions, soient bal pour un mariage ou autres utilisent la sono, et le disc-jockey. Mais quand on a droit à un orchestre, là les gens s’amusent doublement, le contact direct avec ces instruments vous font vibrer. De nos jours, de telles manifestations existent encore, et plus précisément au sein d’association du 3ème âge de certains quartiers, où des anciens viennent faire danser les mémés venus là, uniquement, disons le, pour se trémousser. 

Autrefois, l’accordéoniste montait son propre orchestre avec neuf musiciens et son petit plaisir était de créer. Des airs de folklore, de jazz, des musiques de film, et la reprise de morceau standard constituaient son registre pour la soirée. Les ségas revenaient comme une sorte de refrain entre autres groupes de danses, tels : « P’tites fleurs fanées », « Toué lé joli », ou encore « A cause Fifine » ti réponde à moin toujours non. Là pas de non, car tout le monde dansait. 

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Jean-Luc TRULES

« L’accordéon est l’instrument de l’infini, disait Sylvie Fouquet. Ses timbres sont multiples, le doigté de chaque musicien, différent. Les jeunes accordéonistes doivent exprimer toute la sensibilité de l’instrument, toute leur personnalité, et non appliquer à la lettre les techniques acquises dans les écoles, pour sans cesse mener le bal !» Eh oui, en musique, comme dans bien d’autres matières, la pratique surpasse tout et permet d’innover et faire palpiter le cœur des gens. L’artiste faisait entendre un ou deux accords et ainsi laissait s’échapper libre cours à son inspiration et sa créativité.

La tristesse, la joie, l’amour jaillissaient des touches et du  soufflet… l’accordéon retrouve toute son âme quand il nous fait revivre : « Le temps des cerises », « Etoile des Neiges », « J’ai deux amours », « Marinella », « La java bleue »…Les gens ne restaient pas assis, mais se dirigeaient vers le podium. Vu le succès de tel air ou de tel autre, il fallait de peu pour prolonger la présence des danseurs sur cet espace ; jouer : « Balade des gens heureux » ou « Voulez-vous valser grand-mère », et cela l’accordéoniste le savait. Il y avait des morceaux clés qui attiraient plus que d’autres.

Pour produire ces sons qui nous restituent la chanson et le rythme, l’accordéoniste ouvre et referme le soufflet central et appuie sur les deux claviers que possède cet instrument. Au son qu’émet cette machine, on dirait qu’il aurait une âme, tant il vous entraîne avec lui dans les airs différents. On sent le musicien vibrer au fond de lui-même quand il exécute tel morceau ou tel autre. 

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De sa main droite, l’accordéoniste nous fait sortir les sons de mélodie et de la gauche, il s’occupe de l’accompagnement. Véritable homme-orchestre à lui seul, cet instrumentiste exécute le rythme assimilé à l’harmonie. C’est justement ces qualités qui lui ont valu cette place dans les bals populaires. Vu le succès de cet accessoire, il a aussi acquis ses lettres de noblesse en musique classique. 

L’accordéon demeure un instrument de musique expressif qui a charmé (et charme encore) nos « jeunesses ». C’était avec nostalgie : l’accordéon de nos vingt ans, car l’empreinte du passé reste longtemps dans nos mémoires.

Chantal

Sources : 

Veillées
A l’Ecoute
Dictionnaire universel de la vie pratique à la ville et à la campagne 

Pour en savoir plus sur René LACAILLE : 

http://arkayog.blogspot.com/2007/04/ren-lacaille-laccordon-de-la-runion.html

Pour entendre un air d’accordéon :

http://240plan.ovh.net/~croixroun/Joomla/index.php?option=com_content&task=view&id=1044&Itemid=36

De la musique…

samedi, juin 13th, 2009

 

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De la musique avant toute chose, nous dit certains peuples, et tout le monde le clame bien haut : la musique adoucit les mœurs.  Il semblerait que la première flûte existante date d’au moins 60 000 ans ! Ce n’est qu’un os, certes, mais creusé intentionnellement et capable de produire une très jolie note réellement musicale si on souffle dans l’une des extrémités. 

« Un petit roseau m’a suffit
A faire chanter toute la forêt ».

nous disait Henri de Régnier. 

L’homme n’a jamais manqué d’imagination pour harmoniser les sons à sa guise et obtenir que tout dans la nature vibre à l’unisson de son âme et de son oreille. C’est un art réel, exigeant beaucoup de talents, que de savoir tirer des sons improvisés de tout ce qui n’est pas vraiment un instrument ! Savoir faire vibrer des feuilles, des fleurs, des écorces ou encore des noyaux, relève de la magie. En faisant ces tours musicaux, nos lointains ancêtres espéraient parler aux oiseaux, effrayer les esprits, éloigner l’orage, faire tomber la pluie et revenir le soleil. Ce fut longtemps l’objectif de ces génies instinctifs.

Ces musiciens en herbe, disons le, faisaient cette musique avec la nature, pour intéresser leurs descendants, et ainsi, leur faire profiter pleinement de l’oxygène des bosquets, tout en s’amusant.  La pierre, l’argile, l’os, la peau tendue, le bois, le cristal, le métal, se découvrirent ainsi sous l’impulsion du musicien, chacun à leur manière, doués de paroles.

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 Musicien anonyme à Sainte-Marie

La musique est le premier et le plus universel de tous les langages. Elle est aussi prière. Essentiellement. Sans ce désir primordial de louer la toute Puissance Divine, on peut affirmer que la musique ne serait pas aujourd’hui ce qu’elle est. [« Au moment où vous entendrez le son de la trompe, du chalumeau, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion (clavecin) de la cornemuse et de toutes les sortes d’instruments, vous vous prosternerez… »] (Daniel III, 5, Ancien Testament). 

Oui, la louange passe bien souvent par la musique, les cantiques… Par exemple, à l’origine, alléluia, est la transcription latine de l’hébreu hallelou Yah qui signifie : « Louez Yahweh ». Cette expression qui terminait certains psaumes hébraïques, est en effet passée dans la  liturgie chrétienne, et bien souvent chanté.

Ainsi :

Le Seigneur est dans mon coeur
Et je chante de bonheur.
Le Seigneur est dans ma vie
Et mon âme en est ravie.
C’est le Dieu de ma jeunesse
Et je chante l’allégresse
C’est le Dieu d’amour
Et je chante toujoursAlléluia !
Alléluia ! A-llé-lu-ia ! 

La Bible dit aussi dans les Psaumes : Chantez à Yahvé un cantique nouveau, une louange à l’assemblée des fidèles. Qu’il loue son nom dans la danse, qu’ils jouent pour lui du tambourin et de la lyre, Alléluia !  Tous les instruments ont des origines étonnantes et merveilleuses. Le Dieu Pan, amoureux de la nymphe Syrinx, inventa pour elle l’humble flûte pastorale dont l’homme fit l’orgue « qui mêle aux cieux la terre » (Victor Hugo). 

 

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Le bobre – gravue ROUSSIN

Il est vrai que dans les villages d’Ethiopie ou d’Inde, la musique est souvent le premier mode d’expression. On ne sait pas forcément lire ou écrire, mais l’on sait  jouer de la flûte. Et c’est déjà beaucoup… 

C’est à l’extrême sommet des montagnes que Stradivarius, le célèbre luthier de Crémone, trouvait les meilleurs bois pour ses violons, toujours admirés, jamais égalés. Quoi que puisse en dire les Ecossais, la cornemuse est d’origine sumérienne et date de 3 000 avant J.C. La sonorité de la flûte est à ce point pure et parfaite qu’on la prétendit magique, et on craignait le joueur de flûte qui entraînait irrésistiblement ceux qui l’écoutaient. 

On dit que la harpe est née de l’oreille musicienne d’un chasseur sensible à la vibration sonore de son arc. Chaque musique est unique avec son histoire. Aucun ne doit surpasser les autres. Les instruments de musique sont les plus insolites selon les régions. Citons en passant : un beffroi à angklungs d’Indonésie, un orgue vertical, ou encore un balafon africain. 

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Davy SICARD au kayamb

On distinguait dans la musique locale de l’île Bourbon, le bobre (d’origine malgache), le cayamb (instrument d’origine africaine), le roulèr (d’origine réunionnaise), le pakhavaj (d’origine indienne), le valiha (d’origine malgache).Tous ces instruments réunis ou quelques uns, chantaient le maloya, le séga. Une musique est à deux temps et l’autre à trois temps. 

Chantal 

Sources : 
Veillées
La musique à la Réunion

Pour voir d’autres instruments de l’Ile de la Réunion :

http://www.run974.com/index.php?page=art&zone=instrument