Archive for juin, 2009

Sur un air d’accordéon…

samedi, juin 13th, 2009

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Autrefois, les gens allaient au bal pour s’amuser. C’était l’occasion de danser, entre parents, grands-parents, et enfants. Pour certains, l’occasion de lier connaissance avec des gens avec qui on découvrirait des affinités après la danse. Célibataires, hommes et femmes mariés dansaient, riaient et, entre nous soit dit, savaient s’amuser. Valse, java, tango, slow et autres faisaient partie des danses de l’époque. Ici, dans l’île, le séga alimentait le panel de chants tels :

 

 « Viens danser l’séga
Avec nous mon p’tit femme zoreil
Viens na montre à ou
Séga lé kalou… » 

Les gens vivaient pleinement ce moment, car les distractions n’existaient pas en nombre et la consommation de quelques petits verres aidait à mettre l’ambiance pour la soirée. 

Un air joué à l’accordéon nous transportait et on appréciait le morceau, car il nous faisait vivre jusque dans l’âme disaient certains. Revenir dans le passé à l’aide de morceaux connus qui ont bercé votre jeunesse, quelle joie !! On se surprenait à fredonner, rien que pour le plaisir de savourer cet instant présent qui, pour nous est un magnifique printemps !  A notre époque, les gens qui organisent des réceptions, soient bal pour un mariage ou autres utilisent la sono, et le disc-jockey. Mais quand on a droit à un orchestre, là les gens s’amusent doublement, le contact direct avec ces instruments vous font vibrer. De nos jours, de telles manifestations existent encore, et plus précisément au sein d’association du 3ème âge de certains quartiers, où des anciens viennent faire danser les mémés venus là, uniquement, disons le, pour se trémousser. 

Autrefois, l’accordéoniste montait son propre orchestre avec neuf musiciens et son petit plaisir était de créer. Des airs de folklore, de jazz, des musiques de film, et la reprise de morceau standard constituaient son registre pour la soirée. Les ségas revenaient comme une sorte de refrain entre autres groupes de danses, tels : « P’tites fleurs fanées », « Toué lé joli », ou encore « A cause Fifine » ti réponde à moin toujours non. Là pas de non, car tout le monde dansait. 

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Jean-Luc TRULES

« L’accordéon est l’instrument de l’infini, disait Sylvie Fouquet. Ses timbres sont multiples, le doigté de chaque musicien, différent. Les jeunes accordéonistes doivent exprimer toute la sensibilité de l’instrument, toute leur personnalité, et non appliquer à la lettre les techniques acquises dans les écoles, pour sans cesse mener le bal !» Eh oui, en musique, comme dans bien d’autres matières, la pratique surpasse tout et permet d’innover et faire palpiter le cœur des gens. L’artiste faisait entendre un ou deux accords et ainsi laissait s’échapper libre cours à son inspiration et sa créativité.

La tristesse, la joie, l’amour jaillissaient des touches et du  soufflet… l’accordéon retrouve toute son âme quand il nous fait revivre : « Le temps des cerises », « Etoile des Neiges », « J’ai deux amours », « Marinella », « La java bleue »…Les gens ne restaient pas assis, mais se dirigeaient vers le podium. Vu le succès de tel air ou de tel autre, il fallait de peu pour prolonger la présence des danseurs sur cet espace ; jouer : « Balade des gens heureux » ou « Voulez-vous valser grand-mère », et cela l’accordéoniste le savait. Il y avait des morceaux clés qui attiraient plus que d’autres.

Pour produire ces sons qui nous restituent la chanson et le rythme, l’accordéoniste ouvre et referme le soufflet central et appuie sur les deux claviers que possède cet instrument. Au son qu’émet cette machine, on dirait qu’il aurait une âme, tant il vous entraîne avec lui dans les airs différents. On sent le musicien vibrer au fond de lui-même quand il exécute tel morceau ou tel autre. 

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De sa main droite, l’accordéoniste nous fait sortir les sons de mélodie et de la gauche, il s’occupe de l’accompagnement. Véritable homme-orchestre à lui seul, cet instrumentiste exécute le rythme assimilé à l’harmonie. C’est justement ces qualités qui lui ont valu cette place dans les bals populaires. Vu le succès de cet accessoire, il a aussi acquis ses lettres de noblesse en musique classique. 

L’accordéon demeure un instrument de musique expressif qui a charmé (et charme encore) nos « jeunesses ». C’était avec nostalgie : l’accordéon de nos vingt ans, car l’empreinte du passé reste longtemps dans nos mémoires.

Chantal

Sources : 

Veillées
A l’Ecoute
Dictionnaire universel de la vie pratique à la ville et à la campagne 

Pour en savoir plus sur René LACAILLE : 

http://arkayog.blogspot.com/2007/04/ren-lacaille-laccordon-de-la-runion.html

Pour entendre un air d’accordéon :

http://240plan.ovh.net/~croixroun/Joomla/index.php?option=com_content&task=view&id=1044&Itemid=36

De la musique…

samedi, juin 13th, 2009

 

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De la musique avant toute chose, nous dit certains peuples, et tout le monde le clame bien haut : la musique adoucit les mœurs.  Il semblerait que la première flûte existante date d’au moins 60 000 ans ! Ce n’est qu’un os, certes, mais creusé intentionnellement et capable de produire une très jolie note réellement musicale si on souffle dans l’une des extrémités. 

« Un petit roseau m’a suffit
A faire chanter toute la forêt ».

nous disait Henri de Régnier. 

L’homme n’a jamais manqué d’imagination pour harmoniser les sons à sa guise et obtenir que tout dans la nature vibre à l’unisson de son âme et de son oreille. C’est un art réel, exigeant beaucoup de talents, que de savoir tirer des sons improvisés de tout ce qui n’est pas vraiment un instrument ! Savoir faire vibrer des feuilles, des fleurs, des écorces ou encore des noyaux, relève de la magie. En faisant ces tours musicaux, nos lointains ancêtres espéraient parler aux oiseaux, effrayer les esprits, éloigner l’orage, faire tomber la pluie et revenir le soleil. Ce fut longtemps l’objectif de ces génies instinctifs.

Ces musiciens en herbe, disons le, faisaient cette musique avec la nature, pour intéresser leurs descendants, et ainsi, leur faire profiter pleinement de l’oxygène des bosquets, tout en s’amusant.  La pierre, l’argile, l’os, la peau tendue, le bois, le cristal, le métal, se découvrirent ainsi sous l’impulsion du musicien, chacun à leur manière, doués de paroles.

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 Musicien anonyme à Sainte-Marie

La musique est le premier et le plus universel de tous les langages. Elle est aussi prière. Essentiellement. Sans ce désir primordial de louer la toute Puissance Divine, on peut affirmer que la musique ne serait pas aujourd’hui ce qu’elle est. [« Au moment où vous entendrez le son de la trompe, du chalumeau, de la cithare, de la sambuque, du psaltérion (clavecin) de la cornemuse et de toutes les sortes d’instruments, vous vous prosternerez… »] (Daniel III, 5, Ancien Testament). 

Oui, la louange passe bien souvent par la musique, les cantiques… Par exemple, à l’origine, alléluia, est la transcription latine de l’hébreu hallelou Yah qui signifie : « Louez Yahweh ». Cette expression qui terminait certains psaumes hébraïques, est en effet passée dans la  liturgie chrétienne, et bien souvent chanté.

Ainsi :

Le Seigneur est dans mon coeur
Et je chante de bonheur.
Le Seigneur est dans ma vie
Et mon âme en est ravie.
C’est le Dieu de ma jeunesse
Et je chante l’allégresse
C’est le Dieu d’amour
Et je chante toujoursAlléluia !
Alléluia ! A-llé-lu-ia ! 

La Bible dit aussi dans les Psaumes : Chantez à Yahvé un cantique nouveau, une louange à l’assemblée des fidèles. Qu’il loue son nom dans la danse, qu’ils jouent pour lui du tambourin et de la lyre, Alléluia !  Tous les instruments ont des origines étonnantes et merveilleuses. Le Dieu Pan, amoureux de la nymphe Syrinx, inventa pour elle l’humble flûte pastorale dont l’homme fit l’orgue « qui mêle aux cieux la terre » (Victor Hugo). 

 

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Le bobre – gravue ROUSSIN

Il est vrai que dans les villages d’Ethiopie ou d’Inde, la musique est souvent le premier mode d’expression. On ne sait pas forcément lire ou écrire, mais l’on sait  jouer de la flûte. Et c’est déjà beaucoup… 

C’est à l’extrême sommet des montagnes que Stradivarius, le célèbre luthier de Crémone, trouvait les meilleurs bois pour ses violons, toujours admirés, jamais égalés. Quoi que puisse en dire les Ecossais, la cornemuse est d’origine sumérienne et date de 3 000 avant J.C. La sonorité de la flûte est à ce point pure et parfaite qu’on la prétendit magique, et on craignait le joueur de flûte qui entraînait irrésistiblement ceux qui l’écoutaient. 

On dit que la harpe est née de l’oreille musicienne d’un chasseur sensible à la vibration sonore de son arc. Chaque musique est unique avec son histoire. Aucun ne doit surpasser les autres. Les instruments de musique sont les plus insolites selon les régions. Citons en passant : un beffroi à angklungs d’Indonésie, un orgue vertical, ou encore un balafon africain. 

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Davy SICARD au kayamb

On distinguait dans la musique locale de l’île Bourbon, le bobre (d’origine malgache), le cayamb (instrument d’origine africaine), le roulèr (d’origine réunionnaise), le pakhavaj (d’origine indienne), le valiha (d’origine malgache).Tous ces instruments réunis ou quelques uns, chantaient le maloya, le séga. Une musique est à deux temps et l’autre à trois temps. 

Chantal 

Sources : 
Veillées
La musique à la Réunion

Pour voir d’autres instruments de l’Ile de la Réunion :

http://www.run974.com/index.php?page=art&zone=instrument

 

L’aventure généalogique

lundi, juin 8th, 2009

La recherche généalogique comporte parfois des risques.

Karin N. et moi-même, nous souviendrons pour toujours en rigolant de notre aventure généalogique d’aujourd’hui.

Nous avons été enfermées dans le cimetière de St André par un gardien qui fait mal son travail et bien avant l’heure de fermeture.

Nous nous voyions déjà passer cette nuit de pleine lune dans le cimetière,  et cette perspective nous faisait déjà frissonner…..de joie.

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Le mur !!!!! – Photo Karin N.

Après appel au 18, les pompiers sont arrivés et nous avons fait le mur avec nos sauveurs, qui rigoleront aussi pendant des années de ce sauvetage extraordinaire.

Merci aux pompiers de Saint-André

Statues à bassin la Boue

lundi, juin 8th, 2009

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Ces statues, en bois de pays, sont déposées contre le gros manguier à Bassin la Boue.

Les habitants disent qu’elle ont été trouvées par les ouvriers creusant les canalisations.

Pourtant elles sont bien propres et ne semblent pas avoir séjournées dans le sol.

Qui pourrait m’en dire plus ?

 

Régine

 

Rendez-vous aux jardins 2009

dimanche, juin 7th, 2009

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Belle dame dans son jardin à la Commune Ango

 

jar2.jpgPour voir le programme des rendez-vous aux jardins 2009 :

http://www.rendezvousauxjardins.culture.fr/

Roland GARROS

dimanche, juin 7th, 2009

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Statue de Roland GARROS au Barachois

Roland GARROS est bien connu des générations montantes :

  • c’est un champion de tennis,
  • c’est l’aéroport à Saint-Denis.

Pour en savoir plus sur Roland GARROS, né à Saint-Denis de la Réunion,  aviateur et héros de la première guerre mondiale :

http://www.clicanoo.com/article.php3?id_article=97667

Fête des mères (2)

dimanche, juin 7th, 2009

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Contrairement à ce que j’avais écrit dans le premier article sur la fête des mères, les temps ne changent pas.

Si la fête des mères est fixée au premier dimanche de juin cette année, c’est parce que dimanche dernier, il y avait une fête religieuse.

Bonne fête à toutes

Régine

  

La charrette bœuf

samedi, juin 6th, 2009

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Charrette boeuf d’ailleurs

La charrette a été longtemps, que ce soit dans notre île ou ailleurs le moyen de transport le plus courant. La carriole, était utilisée par les propriétaires d’habitations possédant un cheval de trait. La charrette elle, dans notre île était utilisée par la masse de colons.  Elle était attelée à un bœuf-zébu (de Madagascar) ou au bœuf moka et elle transportait essentiellement la canne à sucre, les grains, le fourrage, le bois pour la cuisine, et autres produits agricoles. Tout ce qui n’était pas transporté par le train, l’était par la charrette tirée par des bœufs. Elle servait aussi de moyen de transport à la famille, pour se rendre d’une ville à l’autre. Là, on enlevait les montants placés pour le chargement (au nombre de 8 au moins).  Ces montants permettaient ainsi à charger en volume beaucoup plus que ne pouvait contenir la caisse. Ce volume prenait forme entre ces montants. Donc, quand il s’agissait de transporter la famille, on aménageait la caisse de banquettes, faites le plus souvent de tabourets de paille de Gol, et on couvrait cette caisse à l’aide de larges feuilles de palmiers pour se préserver du soleil.

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 Charrette boeuf de Madagascar

Elle a été remplacée depuis un moment par le camion ou le car (car courant d’air !!). Mais la charrette subsiste encore dans plusieurs secteurs escarpés de l’île et dans les chemins vicinaux, dans les champs où les camions ne peuvent y accéder. Ainsi, à Saint-Louis par exemple, on trouve encore des livraisons de cannes faites à l’aide de charrettes. La coupe commençant, on procède à tout un rituel qui se fait dans cette commune jusqu’à nos jours, afin de bénir les charrettes, les bœufs etc…pour cette période. 

Ces charrettes étaient entièrement fabriquées par le forgeron du village. A part la roue cerclée de fer, et quelques pièces d’assemblage, l’essentiel était fait de différents bois spécifiques à chaque élément. Existait un appareil exprès pour châtrer les roues, c’est-à-dire les cercler.

G. Douyère nous dit ceci : « La charrette était confectionné sur place, depuis les ridelles jusqu’aux roues. On trouvait tout ce qui était nécessaire chez les commerçants : paliers de moyeu, le fer carré des essieux, le bois de jaque pour les jantes ainsi que le fer plat qui devait servir de bandage aux roues ». Ce type de roue qui équipait les charrettes transportant les cannes a été utilisé jusqu’en 1960 où un arrêté préfectoral interdisait après cette date, son usage.

Cette roue, ferrée, était bien adaptée aux petits chemins de terre aux ornières profondes, mais ne convenaient plus du tout aux routes bitumées. Les chemins asphaltés se détérioraient vite après le passage de charrettes dessus. A cette époque donc, les roues ont du être changées et remplacées par des pneumatiques.   Les montants de la caisse étaient faits en bois de gaulette, les ridelles en corce rouge (c’est une variété d’arbuste utilisé dans les constructions).

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Charrette d’ici

Ce transport avait un mât ou brancard, et le joug unissait les deux bêtes à l’attelage. Le prolongement des brancards étaient appelés les bâtis, et permettaient avec une dimension raisonnable, en avant du corps de la charrette, d’y placer le charretier.  Les rayons des roues (au nombre de 14 environ), fixés sur le moyeu en bois de cœur bleu étaient également en bois de gaulette ou de tan rouge. Ils s’adaptaient sur la jante de bois noir. 

Toujours G. Douyère raconte : « qu’il assistait à cette fabrication, depuis le montage de la caisse et des brancards en bois de champacs jusqu’à l’ajustage des rayons et de la jante. Mais nous dit–il, l’opération la plus intéressante de cette fabrication artisanale était sans conteste la pose, à force, du cercle de fer qui devait servir de bandage »   Le frein était, lui appelé « enriage». Devant, était assis le charretier, qui avec un « chabouc » (sorte de fouet: bâton muni d’une corde ou de nerf de bœuf) servait de martinet pour faire avancer les bêtes. Cet accessoire était là pour la forme, car ces bêtes étaient très obéissantes au cri du charretier, il y avait l’affection qui régnait entre eux.. 

Il arrivait que la charrette soit utilisée à la tombée de la nuit, alors pour se faire voir, une sorte de lampe triangulaire était fixée à gauche du charretier. Celle-ci était munie de vitres sur deux côtés. A l’intérieur une bougie allumée se tenait droite. Cette lumière de bougie, chez certains charretiers équipés d’un modèle plus sophistiqué, réfléchissait dans de petits miroirs posés à l’intérieur et paraissait plus puissante. C’était le même principe que les lanternes de bateaux. 

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Rhum Charrette

Ces charrettes se rendaient de leurs champs à la plateforme de l’usine pour livrer son chargement. Elles passaient d’abord sur la balance, puis une grue les délestait de leurs cannes. La « charrette bœuf », comme on le dit ici a jadis aussi accompagné les mariages d’autrefois, convoyant les nouveaux époux au son de l’orchestre de cuivres et dans l’ambiance de fête. Ce moyen de locomotion a pratiquement disparu de nos jours, au profit des camions, des remorques tirées par un tracteur, et des cachalots.(1)

 Cette charrette fut pendant longtemps le bien le plus précieux, l’auxiliaire irremplaçable des familles modestes, et tenait une place importante dans le cœur des réunionnais. De nos jours pour transporter la canne, le créole dira « charrette coméla » soit un tracteur tirant une remorque remplie de cannes. 

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« Charrette coméla, l’est pu comme longtemps !!!

(1) Ce sont d’énormes camions transportant des cannes à sucre qui font la navette  entre les champs, les bascules et les usines. A cause de la forme de leur carrosserie, on les appelle ainsi car ils rappellent cet animal marin. 

Chantal


Sources :

Le piment des mots créoles

Réunion humoristique

Patrimoine

Dictionnaire Larousse du 20 ème siècle 

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Pour voir des cachalots : 

http://balades.travelblog.fr/r3572/SAINTE-MARIE-LES-BAS/12/

La Marseillaise

samedi, juin 6th, 2009

 

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L’hymne national de la France est une œuvre dont les paroles et musique sont de Claude, Joseph Rouget de Lisle, Capitaine du genre, en garnison à Strasbourg lors de sa composition.

La déclaration de guerre de la France à l’Autriche proclamée à Paris le 20 avril 1792, parvint à Strasbourg et y fut rendue publique le 25. Le Maire de Strasbourg, Dietrich, réunissait à sa table, ce jour-là, quelques uns des officiers qui allaient prendre part à la campagne. Il déplora l’absence en France d’un hymne national et patriotique, et engagea vivement l’un d’eux, Rouget de Lisle, à composer un chant de ce genre.

De retour dans son logis, celui-ci improvisa en quelques heures les strophes et la musique du chant qui devait immortaliser son nom. Dietrich les chanta le lendemain devant ses convives de la veille. L’hymne portait alors le titre de « Chant de guerre de l’armée du Rhin », et c’est sous ce titre qu’il fut publié à Strasbourg avec une dédicace au Maréchal Luckner, commandant en chef de cette armée. Après avoir enflammé à Strasbourg toutes les imaginations, l’hymne parvint avec rapidité jusque dans le Midi. Il était déjà connu à Marseille au mois de juin, lors de l’envoi à Paris d’un bataillon de volontaires. Dans un banquet donné en cette circonstance, l’hymne de Rouget de Lisle fut chanté avec grand succès par un monsieur Mireur.

Dès le lendemain, le journal des départements méridionaux en publiait le texte et, le jour du départ des volontaires marseillais, chacun d’eux en recevait un exemplaire. Tout le long de leur route ils le chantèrent et, lorsqu’ils arrivèrent à Paris, cet hymne excita l’enthousiasme. Le peuple le désigna aussitôt sous le nom de « la Marseillaise », qui devait lui rester. 

Le texte musical de la Marseillaise, tel qu’on le chante aujourd’hui, n’est pas absolument conforme à celui de l’improvisation de Rouget de Lisle ; mais les modifications qu’il a subies se bornent à régulariser le dessin mélodique. Quant aux paroles, rien n’y a été changé. On y a seulement ajouté un septième couplet qu’on a appelé le couplet des enfants.  

 

Le voici : mar-2.jpg

 

 

Nous entrerons dans la carrière

Quand nos aînés n’y seront plus ;

Nous y trouverons leur poussière

Et la trace de leurs vertus (bis)

Bien moins jaloux de leur survivre

Que de partager leur cercueil,

Nous aurons le sublime orgueil

De les venger ou de les suivre

Aux armes citoyens….

 

Chantal

Source :

Larousse du 20ème siècle

Pour en savoir plus sur la Marseillaise :

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/Marseillaise/hymne.asp

L’orchidée

samedi, juin 6th, 2009

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Ces fleurs si fines, si admirées sont une splendeur. On les cultive, collectionne, afin d’avoir une ou plusieurs variétés que les autres n’ont pas. C’est un peu l’orgueil des orchidéophiles. Cette fleur a une belle légende recueillie par un botaniste hollandais, Blume, à Java. Je vais tenter de vous la raconter. 

Une déesse éblouissante de beauté apparut aux hommes afin de leur inspirer de beaux sentiments. Mais ils étaient si grossiers, si pervertis, qu’ils blasphémèrent, à tel point que la pauvre dût chercher abri dans les  profondeurs inaccessibles des forêts et des ravins. Accablée, la déesse laissa glisser son écharpe d’origine céleste sur le rocher moussu. Mais elle se reprit bien vite et retourna parmi les hommes, non plus douce et clémente, mais farouche et irritée. 

Les audacieux tremblèrent, les plus rebelles se remirent. Tous, en un signe de réconciliation implorèrent la faveur de conserver l’écharpe radiante. La déesse ne la leur accorda pas. Prise de pitié, elle leur permit seulement de contempler une dernière fois une végétation. Heureusement pour les Javanais, une plante poussa sur les rochers, reproduisant sur ses feuilles, l’image de la soierie divine. A peine connut-on l’existence de la plante merveilleuse que les hommes se précipitèrent pour la contempler et s’en emparer.

Leur joie fut pourtant de courte durée. La plante sublime dépérissait à vue d’œil. Bonne fille, la déesse intervint. Elle transporta l’orchidée sur son rocher, la ranima de son souffle et la confia aux fées de la montagne, anciennes protectrices de cette végétation. La déesse connaissait la loi de l’influence du milieu sur les végétaux. 

Dans n’importe quels pays qu’ils soient, les hommes sont tellement éblouis par la splendeur des orchidées, qu’ils l’offrent à des occasions tels : anniversaire, fête des mères, Noël et autres… Ainsi les orchidées fleurissent toute une vie. 

Dans notre île, il existe plusieurs associations d’orchidéophiles. Celles-ci font régulièrement des expositions, surtout avec des variétés venant de très loin, parfois de Singapour, Hong Kong, Alaska, Malaisie, Groenland, Sibérie et autres… N’étant pas de ceux là, je ne pourrais vous décrire tant d’espèces.  

Je sais qu’il y en a qui viennent aussi d’Amérique du sud, de Bornéo… D’autres poussent en forêt toutes seules. Elles sont épiphytes, c’est-à-dire qu’elles poussent sur d’autres végétaux qui les tolèrent. Herbes délicates, menacées d’étouffement dans les sous-bois équatoriaux, les orchidées résolvent le problème en s’enroulant au tronc des arbres à la manière des lianes et les fleurs vont s’épanouir très haut, à la lumière. 

On ne connaît pas bien l’origine des orchidées mais il ne serait pas surprenant que la première orchidée tropicale importée vivante et amenée en Europe, l’ait été au Pays-Bas en 1698. La fortune de la Hollande s’est étayée sur les exploits de ses botanistes aventuriers qui ne s’effrayèrent ni les naufrages, ni l’agressivité des peuplades, ni les engagements avec les pirates.

Très tôt, ils établirent si bien le monopole des Pays-Bas sur les épices et autres richesses exotiques que le botaniste Pierre Poivre passa 30 ans de sa vie à tenter de s’emparer de noix de muscade et de girofliers, pour les acclimater sur l’île française de Bourbon avec la collaboration de son ami Joseph Hubert.  Ces horticulteurs sont méticuleux, et il leur faut de la patience car il sont obligés d’attendre 7 ans en moyenne pour plusieurs espèces, entre une fécondation et son résultat.

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Les orchidéophiles sont toujours à la recherche de fleurs toujours plus belles, plus résistantes possibles, et aux couleurs toujours plus fantastiques. Le sabot de Vénus, comme la plupart des orchidées est originaire de l’Himalaya du sud, de Nouvelle Guinée, et des Iles de la Sonde. On trouve une multitude d’hybrides de cette espèce. Celles-ci furent croisées entre elles de sorte que de nos jours, on possède une multitude de magnifiques hybrides aussi résistants et colorées les unes que les autres. Chaque orchidée possède sa beauté propre, jalousement préservée, mais toutes s’emploient à dérouler leur pouvoir de séduction. 

Avec plus de 20 000 espèces, les orchidées forment la famille de plantes à fleurs la plus riche en espèces. Elles représentent à elles seules 7 à 9% de toutes les plantes à fleurs, c’est-à-dire que les gens les aiment. Leurs fleurs ont souvent des formes étranges et des couleurs remarquablement riches en contrastes.

Dans l’île, l’orchidée la plus connue et la plus employée est la vanilla Planifolia, c’est-à-dire la vanille Bourbon que l’on cultive afin de parfumer gâteaux, café, mets, rhums… Il parait qu’elle est la meilleure du Monde. Il existe aussi de nombreuses espèces cultivées pour leurs fleurs : catteleya, Dendrobe, Sabot de Vénus, Phalénopsis, Vanda… 

La recherche scientifique se penche sur les orchidées. 30% des espèces se sont révélées riches en hydrate de carbone, glucosides et alcaloïdes qui ouvrent bien des perspectives nouvelles à la médecine de demain.  Concluons que le complexe nécessaire à la germination d’une graine microscopique est difficile à réaliser par l’homme, d’où la rareté et la cherté de ces fleurs étonnantes. 

Chantal

Sources : 

Revue A l’Ecoute 

Veillées des Chaumières

Guide des plantes tropicales